Une plateforme de Crowdfunding dédiée au cœur du jeu Star Citizen

Rien n’est défini chez moi, tout est infini. (Sonia RykielPortrait dans L’Express – 2010)

Tout a commencé le 9 août 2016 par un échange de tweets avec lo LP (@tidwetLP) à la suite de sa lecture d’un court article dans la version digitale du quotidien économique Les Echos consacré à la campagne de Crowdfunding hors normes de Star Citizen :

@LesEchos @MichelNizon Que dit le BS Detector ?

@tidwetLP @LesEchos Retro Speed-Checking en 2013 : Projet impossible à réaliser ; équipe anonyme ; pas de proto fonctionnel donc pure BS

@tidwetLP Et que dit votre BS detector à vous ?

@MichelNizon faudrait que j’étudie la question mais à priori BS. Cependant 120 millions le BS, ce serait bien qu’ils y arrivent au final…

@tidwetLP oui. Je pense que ça vaut un post pour le blog en septembre. Si vous trouvez des infos, n’hésitez pas à me les communiquer. Merci.

Nous sommes le 27 août 2016 et je publie avec un peu d’avance mon analyse. Mon rétro speed-checking initial n’a pas résisté à une étude plus approfondie, tant je me suis retrouvé face à une situation originale et exceptionnelle.

J’ai dû faire beaucoup d’efforts afin d’appréhender l’ampleur du projet Star Citizen et les ambitions de son créateur Chris Roberts. A l’issue de longues recherches qui m’ont bien occupé les neurones dopés aux nombreuses pastilles de réglisse Nature Med, j’ai découvert que sa campagne de Crowdfunding sur Kickstarter n’était que le premier étage de la fusée de lancement de son entreprise aussi virtuelle que réelle : Roberts Space Industries.

S’arrêter à Kickstarter a été mon erreur quand j’ai actionné la première fois mon bullshit detector pour un speed-checking. Heureusement que Kchehck permet les rétropédalages en douceur pour changer son opinion sur une campagne de Crowdfunding ! Après tout, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Non ?

Chris est un vétéran de la création de jeux vidéo avec à son actif, Wing Commander sorti d’abord en version DOS en 1990 et le jeu Freelancer publié par Microsoft en 2003. C’est une star des années 90, dont le retour a été salué avec nostalgie, par ses nombreux fans de la première heure. Devenus adultes, ils sont les citoyens de l’étoile qui ont financé en pionniers, les promesses de son nouveau jeu.

Chris Roberts et Roberts Space Industries sont au monde digital, ce que Elon Musk et SpaceX sont à celui des atomes depuis 2002.

Les deux entreprises conçoivent et commercialisent des vaisseaux spatiaux et sont nées en Californie avec 10 ans d’écart. Dans une économie globale qui sera de plus en plus dominée par la technologie digitale de la blockchain, cette comparaison est lourde de conséquences pour évaluer la valeur financière de Roberts Space Industries, entreprise pas encore cotée au Nasdaq !

Mais j’anticipe trop en regardant les étoiles et en pensant à Vincent Freeman, le héros de Bienvenue à Gattaca. Revenons si vous le voulez bien en 2012.

Chris Roberts a lancé le 18 octobre, une campagne de Crowdfunding sur Kickstarter pour officiellement financer le développement de Star Citizen, un jeu PC multijoueurs de simulation d’explorations interplanétaires.

La campagne s’est terminée le 19 novembre et a collecté 2 134 374 dollars auprès de 34 497 contributeurs. L’objectif Financier Minimum était de 500 000 dollars et la date prévisionnelle de disponibilité du jeu était fixée à novembre 2014.

Une deuxième campagne de Crowdfunding pour Star Citizen a commencé une semaine plus tôt que celle de Kickstarter sur robertsspaceindustries.com. Elle est aujourd’hui toujours active. C’est normal, car elle fait partie intégrante du jeu Star Citizen où à la différence du Monopoly, on y joue avec de vrais dollars !

Pour se conformer aux règles de Kickstarter, Chris Roberts avait promis des contreparties sous forme d’un jeu terminé et disponible à une date précise. En apparence, Star Citizen n’a pas encore été livré à ce jour et il pourrait donc figurer parmi les échecs de notre BOCCAE.

Mais les apparences sont parfois trompeuses. Si l’argent du Crowdfunding sur Kickstarter n’a pas permis de livrer le jeu promis, il a financé les premiers développements de robertsspaceindustries.com qui contient progressivement tous les éléments pour y jouer sans attendre. 

C’est peut-être là le véritable génie de Chris Roberts : Avoir « livré » un jeu vidéo presque à l’insu de ses fans pour en rendre l’expérience encore plus immersive !

Au 27 août 2016, à 16 heures heure française, Star Citizen a atteint 121 200 168 dollars collectés auprès de 1 500 338 joueurs-contributeurs et ce montant continue à augmenter chaque heure de plusieurs milliers de dollars…

Roberts Space Industries emploie via sa coquille juridique du monde physique Cloud Imperium Games Corporation, plus de 300 personnes dans 4 studios différents sur 4 lieux : Allemagne, Angleterre, Californie et Texas sans compter la collaboration d’autres studios indépendants.

Les contributeurs voyagent déjà dans leur tête et leur cerveau est peut être le plus grand moteur de jeu que l’on puisse inventer. Les limites de l’univers est leur imagination alimentée continuellement par Chris et ses équipes.

Chris Roberts vend des e-billets pour des voyages interplanétaires imaginaires auprès d’une communauté très active qui s’entraine dans le monde réel, à la réalisation de leurs futurs exploits.

Roberts Space Industries propose des vaisseaux spatiaux numériques de différents fabricants virtuels tels que Musashi Industrial & Starflight. Les prix varient de quelques dizaines de dollars à plusieurs milliers de dollars selon les modèles. Des spots publicitaires qui semblent venir tout droit du futur, en font une promotion efficace, comme celui que j’adore pour le camion de l’espace MISC Freelancer.

Chris a réussi à incruster à l’intérieur du cerveau de chacun de ses contributeurs, son univers. Les heureux possesseurs de ces véhicules virtuels peuvent déjà devant leur écran, faire le tour du propriétaire dans leur garage, visiter l’intérieur et s’essayer à des sorties de reconnaissance dans l’espace, en testant leur armement. Les exploits de ces contributeurs sont disponibles sur la chaine YouTube de Roberts Space Industries et participent à convaincre de nouveaux contributeurs.

Avec notamment ces présentations de qualité cinématographique, Chris Roberts a su partager sa vision, en créant un nouvel art de vivre, pour une communauté fortement engagée qui rêve depuis leur enfance de piloter un vaisseau spatial comme Luke Skywalker dans la saga sans fin de La Guerre des Etoiles.

Est-ce que finalement le jeu interactif dans sa version définitive sera livré un jour ? Le jeu est toujours officiellement à un stade alpha de développement et aucune date de disponibilité précise n’est communiquée.

N’oublions pas que la meilleure récompense est le voyage et pas la destination !

Chris aura déjà réussi à repousser les limites de tout ce qui existait jusqu’à présent dans les jeux vidéo disponibles.


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Une plateforme de Crowdfunding dédiée au cœur du jeu Star Citizen

4 réflexions au sujet de « Une plateforme de Crowdfunding dédiée au cœur du jeu Star Citizen »

  1. Claude dit :

    Très bonne analyse, ça fait plaisir à voir.

    « Avec notamment ces présentations de qualité cinématographique, Chris Roberts a su partager sa vision, en créant un nouvel art de vivre, pour une communauté fortement engagée qui rêve depuis leur enfance de piloter un vaisseau spatial comme Luke Skywalker dans la saga sans fin de La Guerre des Etoiles. »

    C’est exactement cela, un rêve, partagé par Chris Roberts avec toute la communauté.

    Alors forcément, ça paraît tellement beau que l’on pourrait bien croire que l’on n’atteindra jamais la destination.
    Mais ce rêve se construit petit à petit avec la passion de la communauté (et leurs argents) et celle des développeurs.
    Les mises à jour régulières (aussi bien pour l’alpha que pour les informations sur l’avancer du développement) montrent bien le niveau d’implication de tout le monde.

    Avec une méthode de financement qui peut faire grincer des dents de par certains packs très cher (même si, il n’y a aucun couteau sous la gorge pour les potentiels donateurs).
    Mais qui sans cela serait belle est bien impossible, car aucun éditeur n’oserait financer un tel projet, surtout pas un space sim, genre qui aura disparu depuis bien trop longtemps car considéré comme « mort ».

    Merci à Star Citizen (Chris Roberts) et Elite Dangerous (David Braben) d’avoir relancé le genre, qui aujourd’hui semble avoir trouvé une nouvelle dynamique grâce au financement participatif notamment.

    1. Merci Claude pour votre commentaire. Effectivement aucun studio traditionnel n’aurait su financer un tel projet ni d’ailleurs aucune plateforme de Financement Participatif. Chris Roberts nous montre qu’il est possible de s’en affranchir. A suivre…

      1. Claude dit :

        Oui, affaire à suivre.

        Il y a quelques jours, l’événement de la Gamescom à rassurer, je pense, beaucoup de monde, aussi bien chez les sceptiques que les plus « impatients ».

        Et la CitizenCon (le plus gros événement annuel pour Star Citizen) qui aura lieu prochainement (le 9 octobre) devrait montrer beaucoup d’autres choses.

        Notamment, une date de sortie définitive pour la campagne solo Squadron 42, qui se révèle être la première promesse de Chris Roberts et aussi la plus proche à se concrétiser sous une forme finale.

        Je pense qu’il y aura un avant et un après Star Citizen.

        S’il échoue, la confiance dans le financement participatif sera entachée.
        S’il réussit (je suis confiant), les gros éditeurs devront revoir la façon de soutenir le jeu vidéo.
        Eux qui trop souvent investissent plus d’argent dans le marketing de leur gros titre AAA que dans le développement auront à faire un choix, entre continuer dans leur lancer, ou donner plus de liberté créative à leur studio et soutiens financiers dans le développement pur.

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