Tristan Colombet à la suite de son ICO sur Domraider ? Prosper yop la boum. C’est le roi du macadam !

Jusqu’à ce fameux Mardi Noir où, sur une simple dépêche de l’agence Reuters, le château de cartes s’effondra… Le doute, ce cancer des marchés, se répandit et, de proche en proche, ses métastases gagnèrent jusqu’aux valeurs les plus saines… L’Eternity Rush révélait son véritable visage, celui d’une gigantesque pompe conçue pour refouler les liquidité des niais vers les comptes off-shore de happy few hors d’atteinte. (Jean-Michel Truong –  3 phrases extraites de la page 48 d’Eternity Express – Albin Michel – 2003)

Ces quelques dizaines de mots choisis sans aucun hasard, je l’avoue bien volontiers, sont extraits d’un roman, qui à mon humble avis, constitue un Must Read, particulièrement en ces temps de pre-bubble ! Il pourrait être prémonitoire d’un prochain krach, non pas spécifiquement né des défaillances d’une biotech comme celle annoncée dans le livre, mais né du manque de transparence d‘ICOs en l’absence d’autorégulation et financées à coups de millions de crypto-monnaies par des apprentis-sorciers de la bitcoin, toujours à la recherche de gains rapides. Espérons que ses conséquences ne soient pas aussi noires que celles imaginées par l’auteur, surtout pour celles et ceux qui en sont restés à l’écart.

Le 11 octobre 2017, l‘ICO de Domraider sera terminée. On peut déjà dire que ce sera un immense succès financier… pour Tristan Colombet, l’émetteur de l’ICO. À partir du 18 octobre, les jetons virtuels Domraider seront négociables sur les 2 places de marché, HitBTC et EtherDelta

A votre avis, quel sera alors le sens de l’évolution de la valeur de cette nouvelle monnaie virtuelle par rapport à son cours de départ fixé à 10 centimes d’euro ?

À l’image de la plupart des ICOs, les achats initiaux de jetons ont répondu plus à des motivations de pure spéculation qu’au désir d’utiliser la future plateforme d’enchères planétaire en temps réel.

L’ICO de Domraider est un cas d’école du manque de transparence où la communication s’est souvent substituée volontairement à l’information des souscripteurs. Pour autant, il ne faut peut-être pas forcément jeter l’ICO avec l’eau trouble du bain, aussi opaque qu’elle puisse être. Essayons d’y voir un peu plus clair ensemble, et quelles leçons pouvons-nous en tirer pour les futures ICOs en France.

Sur un plan strictement économique, il est indispensable de vous poser ces 3 question préalables avant d’envisager de participer à une prochaine ICO, surtout si vous n’avez pas vraiment l’âme d’un spéculateur.

Question #1 : Est-ce que le projet à financer vous parait réalisable ?

Question #2 : Est-ce qu’il correspondra une fois réalisé à de véritables besoins insatisfaits au niveau global ?

Question #3 : Est-ce que l’équipe a les compétences managériales, techniques et marketing pour mener à bien le projet décrit ?

Johann Palychata est responsable Blockchain dans une banque française. Je lui ai demandé ce qu’il en pensait à titre personnel. Je reproduis ci-dessous après validation par ses soins, un extrait des messages que nous avons eu l’occasion d’échanger via Twitter.

Johann : Bonjour, j’ai beaucoup aimé votre post, je partage votre point de vue. (Lien rajouté par mes soins)

Moi : Merci.

Johann : Je vois des ICOs qui n’en sont pas, car il n’y a pas de smart contract pour gérer le processus de souscription. Tout est centralisé par l’émetteur, sans contrôle par un tiers. Rien ne protège contre une manipulation des chiffres de contribution pour faire croire à un succès. Rien ne protège contre une distribution gratuite de tokens au détriment des souscripteurs payants.

Dans la finance « traditionnelle », des tiers de confiance (souvent régulés) réalisent chacun des fonctions bien spécifiques et se contrôlent les uns les autres. Cela assure la sécurité de l’ensemble du système et … prévient les tentations. La blockchain remplace très bien ces tiers de confiance tout en assurant un système intègre et sûr pour ses utilisateurs. Encore faut-il s’assurer qu’elle soit utilisée.

Moi : Si vous avez des recommandations, n’hésitez pas à me les communiquer.

Johann : En fait je vois trois points. En premier lieu, le principe de l’ICO est que la blockchain publique sécurise émetteur et acheteur en offrant de la transparence. Donc pour moi, une ICO est un smart contract public, sur une blockchain publique, qui réalise de manière autonome tous les process opérationnels d’une plate-forme de crowdfunding comme la souscription, l’envoi des jetons en échange du cash, les remboursements dans certains cas, etc. Le second point est qu’il manque encore un cadre légal pour exclure les arnaques et prévenir les abus. Le troisième point est qu’il manque des sites réellement indépendants pour filtrer et analyser les projets.

Enfin, notons-nous que l’immense majorité des acteurs du monde Blockchain n’approuvent pas ces dérives et veulent construire un modèle durable. Des ICOs sérieuses existent aussi. Ethereum a été développée grâce à une ICO en 2014.

TRANSPARENCE = CONFIANCE

Je pense que les autorités publiques de régulation des marchés ont été prises de vitesse avec cette ICO inédite au moins par son montant et qu’elles n’ont pas eu le temps de fixer les règles du jeu ou à minima de publier les bonnes pratiques. Il subsiste des questions qui sont restées sans réponse, parmi lesquelles : Quid de la liasse fiscale N-1 ? Quid de l’identité de tous les actionnaires directs ou indirects ? Quid du rôle exact de chacun des nombreux consultants figurant dans le trombinoscope publié sur le site web de Domraider ? Ils sont censés constituer autant de trophées de respectabilité…

J’ai continué à échanger via Twitter avec  Johann, qui a entre temps co-signé un article au titre sans équivoque ICO : L’Impératif de la Transparence, dont je vous conseille la lecture, afin d’éviter autant que possible, que ne se produise un fameux Mardi Noir

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