Telegram in the Bottle à Bruno ou les 10 key success factors d’une ICO

I’ll send an SOS to the world
I’ll send an SOS to the world
I hope that someone gets my
Message in a bottle
Sending out an SOS…

(The PoliceMessage in the bottle – Paroles de Gordon Sumner ou Sting – AM & Records Ltd – 1979)

Le quotidien breton Le Telegramme a été créé le 18 septembre 1944 et son tirage aujourd’hui est en moyenne de 220 000 exemplaires chaque jour, réalisé avec 550 femmes et hommes (source : Wikipedia). Il lui aura ainsi fallu presque 74 ans pour atteindre ce niveau de diffusion plus que respectable en France, dans un secteur économique structurellement et perpétuellement en crise.

Quant à l’application de messagerie presque homonyme Telegram, elle a été lancée le 14 août 2013, 69 ans plus tard. En moins de 5 ans, elle a atteint une audience fidèle et participative en temps réel 2 000 fois supérieure. Avec moins de 20 collaborateurs, Telegram a 200 millions d’utilisateurs actifs mensuellement d’après son cofondateur, Pavel Durov, dans un de ses posts publié le 22 mars 2018. Welcome to a true digital world!

Mille millions de mille sabords de tonnerre de Brest pourrait s’exclamer une nouvelle fois le capitaine Haddock en essayant d’appréhender la signification de ces chiffres, à la condition bien sûr, d’être totalement à jeun 😉.

Telegram a réalisé une ICO entre février et mars 2018 et a créé sa cryptomonnaie le Gram, ce qui lui a permis de collecter plus de 1,7 milliard de dollars. Elle constitue de facto, l’étalon or digital pour toutes les Initial Coin Offering.

L’ICO exceptionnelle de Telegram nous enseigne les 10 Key Success Factors que doit réunir une entreprise afin de réussir la sienne.

Key Success Factor #1 : Ses deux créateurs, les frères Pavel et Nikolai Durov sont des missionnaires qui croient dans une idée toute simple : everyone on this planet has a right to be free. Ce ne sont pas des mercenaires pour qui l’argent serait une fin en soi, sinon ils auraient déjà revendu leur start-up à un des GAFA, pour plusieurs milliards de dollars, à l’image de Whatsapp rachetée par Facebook.

Key Success Factor #2 : Telegram a bâti une communauté d’utilisateurs avant même de démarrer son ICO. Telegram comptait déjà 100 000 utilisateurs dès 2013, année de sa création.

Key Success Factor #3 : Telegram n’a jamais trahi la confiance de ses utilisateurs : son application est toujours gratuite et ne contient aucune publicité. La start-up n’a pas vendu de données personnelles à Cambridge Analytica & consœurs. Elle ne les a pas transmises non plus, même sous pression, au Kremlin, quitte à le payer très chère mais après tout, la confiance n’a pas de prix…

Key Success Factor #4 : Telegram s’engage à en faire des TON (Telegram Open Network) pour ses utilisateurs : TON Payments, TON Storage, TON Proxy, TON DNS et TON Service et tous ces engagements sont crédibles.

Key Success Factor #5 : Les frères Dourov ont déjà à leur actif la création du Facebook russe, Vkontakte en 2006 qui comptabilise plus de 276 millions d’utilisateurs.

Key Success Factor #6 : Telegram a certainement une bonne compréhension de la technologie qu’elle va développer avec l’argent de l‘ICO. Si une start-up est capable de concevoir le premier écosystème grand public de la blockchain, c’est bien Telegram.

Key Success Factor #7 : Les fondateurs de Telegram sont d’origine russe 😉Just kidding quoique je suis obligé de penser aussi à Vitalik Buterin qui a à son actif l’ICO de Ethereum

Key Success Factor #8 : Telegram a décidé dès le premier jour de mettre la totalité de son code en open source. C’est peut-être un détail pour vous Mais pour moi, ça veut dire beaucoup Ça veut dire qu’il était libre

Key Success Factor #9 : Telegram a mené une ICO totalement légitime dans l’écosystème des cryptomonnaies et de la blockchain après avoir développé la messagerie de référence pour ses participants.

Key Success Factor #10 : Telegram a fait quelque chose d’utile et d’original pour sa communauté qui n’existait pas avant. Telegram est la première application de messagerie qui en standard et de manière transparente pour l’utilisateur, a offert une technique de cryptographie décentralisée afin de garantir la confidentialité des messages échangés.

De manière générale, les investisseurs en cryptomonnaies forment facilement des anticipations irréalistes à la seule lecture du livre blanc d’une ICO. Garder en tête ces 10 key success factors permet de mieux rationaliser ses choix d’investissements toutes proportions gardées.

Pour beaucoup d’initiateurs d’ICO, ces 10 key success factors seront de toute évidence difficiles à réunir en totalité. Cependant plus une ICO en accumulera, plus vous pourrez y placer votre confiance à titre personnel.

Le ministre de l’économie et des finances, Bruno le Maire, a publié une tribune le 19 mars 2018 sur Numerama. L’AMF pourra donner un visa aux entreprises émettrices de jetons respectant certains critères précis de nature à protéger les épargnants.

À suivre

Share

Bullshit detector
Telegram in the Bottle à Bruno ou les 10 key success factors d’une ICO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *