L’ultime partie de poker du Docteur Hindi, cofondateur et CEO de Snips, après l’échec tant prévisible de son ICO qui ne voulait d’ailleurs pas s’appeler ICO…

Docteur Hindi, CEO de Snips s’est fendu d’un tweet au milieu des fêtes de fin d’année, le 27 décembre 2018 exactement, dans la langue de Mickey qu’il affectionne tant

We are canceling our token sale and refunding everyone. Thank you everyone for your trust and support, this was a difficult decision. @snips will now focus on its enterprise and developer products. Post-mortem post: #blockchain #ai #privacy #ico

Son contenu me rappelle les paroles de la chanson Les Cactus signée des deux Jacques, Lanzmann et Dutronc, en 1966

Le monde entier est un cactus
Il est impossible de s’asseoir
Dans la vie, il y a des cactus
Moi je me pique de le savoir
Aïe ! aïe ! aïe !, ouille ! ouille !

J’ai lu attentivement le post du Docteur Hindi sur Medium cité en lien. Je ne sais pas si Dieu est un fumeur de havanes comme le chantait Serge Gainsbourg, mais ce que j’ai une nouvelle fois pu constater, c’est que Maître Hindi est un sacré joueur de poker. Total Respect à The Artist!

Et pourtant, le Docteur a quand même un gros problème à opérer en salle d’urgence.

Malgré plus de 20 millions d’euros injectés dans sa petite entreprise, dont ceux de la Banque Publique d’Investissement ou BPI, Snips n’a réussi qu’à nous bricoler un kit main-liée (au moins pour ses actionnaires), à base de Raspberry pi 3, permettant à des geeks du dimanche, de commander à la voix, leur machine expresso, à la condition d’avoir accepté de la défigurer au préalable. Ce bricolage ferait un peu pois sauteurs d’un Pif Gadget du XXIe siècle…

L’offre de Snips est réalisée à base de Tense Flow, en Open Source, produit par l’équipe d’Intelligence Artificielle de Google… pourtant si décriée par Snips. Heureusement que les GAFA ne sont pas si susceptibles. Depuis, Free et Orange n’ont pu résister aux sirènes du port d’Alexa et ont préféré s’allier avec Big Brother, en jouant la carte de l’IA d’Amazon.

Maître Hindi essaye à travers son texte, de surtout se refaire une virginité auprès de ses investisseurs, afin de mieux les préparer à une nouvelle ponction d’argent frais, maintenant que la source de l’ICO se soit définitivement tarie.

Cette série B, risque dans le meilleur des cas, si elle finit par se concrétiser, d’être extrêmement dilutive pour les 3 amis, docteurs et cofondateurs, ce qu’aurait pu empêcher une ICO réussie, qu’elle soit à 30 ou même qu’à 13 millions d’euros après un début de retour sur Terre.

Docteur Hindi a titré son fameux article 5 Lessons from a Failed Token Sale. C’est ÀMHA, une série de messages, plus ou moins subliminaux, à destination principalement des actionnaires actuels et potentiels, afin de boucler l’espérée levée de fonds. Ils constituent vraisemblablement la véritable audience visée par Maître Hindi. À travers cette prose, il tente de chuchoter ses vérités aux oreilles des VC’s

Personnellement dans cette nouvelle et dernière partie de cartes, j’ai retenu 5 lessons ou Rules fort différentes de celles énoncées par ses soins selon le principe immuable que l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Lesson ou Rule #1 : Dire qu’on n’avait pas besoin de l’argent de l’ICO et désamorcer ainsi la gravité de ce qui reste l’échec personnel de Maître Hindi

But at Snips, things are different: we are a venture-backed company, with over €22M raised to date and a Series B underway

To us, a token had nothing to do with currency or fundraising; rather, it was a product feature that enabled us to run our app store as a DAO.

In retrospect, since we did not need the money from the ICO…

Lesson ou Rule #2 : Ne reconnaître que de vrais faux défauts ou à la rigueur, des semi-erreurs, de préférence d’origine extérieure à sa propre personne, en les attribuant toujours à un étrange et mystérieux WE jamais désigné nominativement 😉

Finally, and perhaps most importantly, WE failed to capitalize on our initial momentum by announcing our ICO too early.

Being too ambitious can lead to bad choices

Let’s get straight to the point: WE failed our ICO. Despite receiving significant contributions, WE did not hit our target.

This was our first mistake: failing to clearly separate our token from the way we sold it. Today, WE are cancelling our ICO, but not giving up on the token.

Another failure was not recognizing that timing was bad

WE should have pegged the price of our token to the price of Ethereum, which would have been a more attractive bear-market deal for both crypto buyers (flat deal) and fiat buyers (better deal).

The lesson here is that WE should have pitched our entire vision, of which the token is one part, while paying more attention to other projects out there. And WE should have kept in mind that in crypto, optics are 100x more important than in traditional tech: very few people do their own research, instead relying on what they hear and who else bought.

This got a lot of people excited quickly, and we received millions of Euros of commitments in the first month

But rather than pitch the big picture of Snips, WE focused too much on the token itself. This created a cognitive dissonance where people who read about our token did not recognize that Snips was already an established company.

Lesson ou Rule #3 : Continuer à peindre en rose Snips comme si de rien n’était, afin de ne point effrayer le pourvoyeur providentiel dartiche

As a venture-backed company that has been around for 5 years, with a growing enterprise business and a growing developer community of over 20K, we had some great stats to show to prospective token buyers.

For Snips the company, it’s business as usual. We continue selling our voice technology to our enterprise customers (we just signed a few major deals that will be announced soon), and we keep building our developer community (we have a new product coming out soon, a DIY smart speaker). Momentum in our existing product lines is strong, and we are poised for a fantastic 2019. We are also preparing a traditional Series B.

This in turn meant that we would be judged on similar footing as whitepaper projects, despite having already built the very product for which we were selling the tokens!

Lesson ou Rule #4 : Savoir médiumiser son échec pour mieux le positiver et le transformer en morale universelle aux vertus rédemptrices

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais Medium est devenu le nouveau confessoire /exutoire en toute légèreté de nombreux entrepreneurs, qui ont échoué leur start-up. Le but n’est pas de faire acte authentique de contrition mais d’expliquer à tous les mécréants, pourquoi ce n’est pas vraiment un échec et qu’on en sort à titre personnel, plus fort et plus invincible que jamais. Bref, dans toute légende entrepreneuriale médiumisée, le double zéro se transforme toujours à la fin, en super héros nouvellement éclairé !

And despite our ICO not succeeding, I believe more than ever that blockchain is a revolution in the making that will impact the world as much as the internet has. This is why going forward, I will invest more of my personal time and money into furthering the cypherpunk vision, which you can read about on my personal blog and Twitter account.

Lesson ou Rule #5 : Convaincre la communauté financière, en cas de doutes, que Maître Hindi reste le guide suprême pour conduire Snips sur les hauteurs des marchés BtoB, permettant d’atteindre un nirvana décrypté de la chaîne des blocs ou blockchain in V.O.

Personally, I have learned an incredible amount about blockchain in the past year. I learned that blockchain was more about community than currency. I met and befriended amazing people from all around the world. I saw many projects using decentralization to empower communities.

En utilisant le futur subliminal pour écrire cette formule aux vertus supposées magiques, Venture-backed companies don’t need ICOs, Maître Hindi envoie un message Loud and Clear à tous ses investisseurs…

On verra bientôt ce qu’il en ressortira dès les premiers mois de 2019 !

En attendant, vous pouvez prendre connaissance gratuitement de la Fiche d’Analyse Kchehck réalisée le 24 décembre 2018 sur Snips qui, pour la deuxième année consécutive, a été sélectionnée par Business France pour faire partie de la délégation de start-up French Tech qui exposeront au prochain CES de Las Vegas !

À suivre…

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