L’ICO de Snips via son white paper 0.2 est un peu forte de café !

Mais la plus merveilleuse, c’est maman. Elle est magicienne. Elle transforme l’eau du robinet en eau gazeuse et en soda. Elle fait disparaître les bouteilles en plastique. (publicité T.V. Sodastream)

Je reproduis ci-dessous un échange public de tweets qui débute avec celui de Jérôme Colombain le 25 juillet 2018, journaliste et expert hightech à France Info. C’est aussi l’auteur du livre paru le 12 juin Faut-il quitter Facebook, Twitter, YouTube, Intagram ? :

Oui, l’excellente itw de @randhindi à propos de @snips est ici : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-pitch-start-up/le-pitch-start-up-snips-notre-assistant-vocal-nenvoie-aucune-donnee-personnelle-sur-internet_2724875.html

J’ai écouté attentivement cette interview et j’ai ensuite posé la question le 25 juillet :

Et comment ferez-vous pour réserver votre billet de train avec Snips Assistant vocal, si il ne se connecte pas à l’Internet ? 

Jérôme Colombain a répondu le même jour :

Il peut se connecter à Internet pour effectuer des transactions mais reste offline c’est pour le traitement des requêtes vocales (à confirmer par @snips)

J’ai laissé passer 48 heures. Snips n’ayant rien confirmé, je lui ai posé la question :

Avez-vous eu confirmation par Snips de votre hypothèse concernant la possibilité de se connecter pour effectuer une réservation ? Quand c’est flou…

qui a réagi en tweetant :

Hello @snips peut-on se connecter quand même à Internet avec votre assistant offline ?

L’API magique du « en même temps »

Cette question directe du célèbre chroniqueur à Snips ne pouvait pas rester longtemps sans réponse. Ce fut Yann Lechelle, leur COO qui s’est collé à la tâche d’y répondre du mieux possible, avec ce tweet, sans exposer son boss au-delà d’un clic J’aime non contractuel :

Bien sur ! Il faut distinguer l’interface de la transaction. Si l’objet est connecté, alors il peut faire la transaction par simple API après avoir interprété localement la commande. « Hey Snips, allume la lumière » > endogène. « Hey Snips, commande du café » > transaction e-commerce

Comment le e-commerçant pourra connaître l’adresse de livraison de votre café et débiter votre carte si vos données sont anonymisées sur Internet ? \ʒə di sa ʒə di ʁjɛ̃\ ou \ʒ‿di sa ʒ‿di ʁjɛ̃\

Je me suis fait immédiatement rabrouer très poliment mais fermement par ce nouveau tweet de Jérôme Colombain :

Non il ne faut pas tout confondre. Si vous connectez un service marchand vie une API il y’a forcément un compte associé avec votre adresse dedans.

J’ai répondu de manière sinon imprudente, du moins tout à fait impertinente :

Alors ce n’est plus #privacybydesign

Jérôme Colombain venait quant à lui d’obtenir la réponse tant attendue, il conclût au tweet de Yann Lechelle dans la foulée :

Merci. C’est bien ce qu’il me semblait avoir compris

Après tout je me suis dit que ce ne serait pas une première que la curiosité professionnelle de Jérome Colombain connaîtrait ses limites.

Cela tombait bien, Snips a publié le 23 juillet 2018 sur le site Web dédié à sa future ICO, la version 0.2 de son white paper. Ses auteurs semblent nous avoir écoutés, moi et Guillaume Fonteneau, car les mots investisseur et investissement ont été totalement bannis du document. J’ai vérifié, 0 occurrence…

J’ai essayé de lire ses 104 pages en totalité. J’ai du m’y prendre à plusieurs reprises pour tout vous dire. Il y a une partie bourrée de formules mathématiques totalement imbuvable pour les non initiés dont je dois faire partie. Mais rien, ni de près ni de loin, sur cette fameuse API magique ou comment je commande chez MaxiCoffee sans révéler mon identité, #privacybydesign ou #privatebydesign oblige !

J’ai trouvé par contre page 13 une définition de private by design qui contredit légèrement le tweet de Yann si on la prend littéralement comme le ferait tout nouveau converti zélé :

We at snip define private-by-design as a system that does not transfer user data to any remote location, such as cloud servers.

Alors j’insiste et je revendique ma soit-disante confusion en reposant la question blasphématoire :

Comment le e-commerçant pourra connaître l’adresse de livraison de votre café et débiter votre carte si vos données sont anonymisées sur Internet ? \ʒə di sa ʒə di ʁjɛ̃\ ou \ʒ‿di sa ʒ‿di ʁjɛ̃\

Vous l’aurez compris, cette ICO est strictement réservée aux croyants de Rand Hindi (page 87) :

You should only consider participating in our token sale if you believe in privacy as much as we do and are not afraid of holding onto your tokens during the time we are building the very product you are backing!

tout en rajoutant une page plus loin :

Like any product feature, the tokenomics presented in the previous sections will be iterated on over time, and are not designed to guarantee any kind of return.

Agnostiques, mécréants et spéculateurs, passez votre chemin !

Rand Hindi a construit Snips comme une nouvelle religion naissante autour du concept private by design.

Nous devons le croire sur parole avec une armée auto-déclarée de plus de 14 000 développeurs qui seraient acquis à sa cause. Vous me direz, ils ne seront pas de trop pour financer la soft cap de l’ICO de Snips d’un montant de 21,5 millions d’euros.

J’ai calculé : il faudrait que chacun fasse un virement à Snips via le futur compte de séquestre CARPA, de 1 500 euros ou de son équivalent dans l’une des cryptomonnaies autorisées (Ethers, Bitcoin, Bitcoin Cash, EOS,…).

En attendant, le site Crunchbase a rapporté une subvention (grant ?) d’un montant de 1,7 million de dollars en date du 1er juin 2018, soit l’équivalent d’un tout petit peu plus de 2 mois de carburant supplémentaire au bénéfice de Snips. Est-ce une avance sur ICO ? Pari risqué ÀMHA avec un coût de structure, qui nous est révélé dans le white paper, de 630 000 euros par mois.

À suivre…

 

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L’ICO de Snips via son white paper 0.2 est un peu forte de café !

4 réflexions au sujet de « L’ICO de Snips via son white paper 0.2 est un peu forte de café ! »

  1. Gabriel Jarrosson dit :

    « Cela tombait bien, Snip a publié le 23 juillet 2018 sur le site Web dédié à sa future ICO, la version 0.2 de son white paper »
    Petite faute il manque le « s » à Snips non ?

  2. Nolwenn Broc'h dit :

    Analyser, oui.
    Mais pourquoi prendre ce ton? Vous pourriez tout autant analyser les signaux faibles encourageants. Et d’ailleurs, n’y a-t-il aucun signaux faibles positifs dans cette entreprise?
    Votre article gagnerait en valeur. A le lire, il ne semble que « descendre » cette entreprise française.
    A bientôt.

    1. Merci pour votre commentaire.
      Je serais heureux que vos remarques puissent servir à ouvrir ici une discussion sur les signaux faibles positifs de Snips. Je vous retourne la question puisque c’est vous qui abordez ce sujet. Quels seraient-ils d’après vous ?

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