Le potentiel déclenchement de la réalisation de la prophétie de Jean-David Chamboredon

Il va se passer dans les prochaines semaines sur le NASDAQ et le New York Stock Exchange, sauf marche arrière improvisée de dernière minute à la façon d’un Daniel Morales dans Taxi, un phénomène aussi rare que la rencontre de deux comètes qui finiraient leur voyage intergalactique au-dessus de New York City.

Je veux vous parler des risques d’explosion et de la chute de dominos dans l’écosystème des start-up qui en résulterait dans un monde interconnecté en temps réel.

2 décacornes (valorisation supérieure à 10 milliards de dollars) directement concurrentes ont l’intention de réussir leur entrée en Bourse quasiment au même moment. Pour la première ce sera fin mars sur le NASDAQ, elle a fait enregistrer son formulaire S-1, il s’agit de Lyft et la seconde, Uber aurait le même objectif pour avril 2019 mais sur le New York Stock Exchange.

Je pense que cet évènement made in US soil pourrait bien être THE Trigger de réalisation de la prophétie du VC Jean-David Chamboredon publiée sur LinkedIn le 20 juin 2018 dans son article intitulé Quand la bise fut venue… #cigaletech

Aux premiers frimas du prochain hiver économique, notre écosystème se retrouvera en string ficelle ce qui n’est pas la tenue idéale pour traverser une telle période !

Dans un précédent article publié 6 mois auparavant, La French Tech a-t-elle un maillot de bain ?, l’investisseur dans Blablacar via son fonds ISAI, donnait l’horizon temporel d’un retournement de fin de cycle

Quand je dis « bientôt », je le dis en tant qu’un investisseur « long », je parle des 3 années à venir !

Tic-tac,   tic-tac,  tic-tac, tic-tac,tic-tac…

Un peu plus de 14 mois plus tard, je veux partager avec vous mon analyse personnelle car le temps presse et nous nous rapprocherions, aussi inexorablement que dangereusement, de la limite de la date d’éclatement annoncée par le coprésident de France Digitale.

La période qui précéda son déclenchement sera qualifiée a posteriori, d’une bulle financière dont l’épicentre aura été la première place boursière mondiale.

Lyft chercherait à lever à la bourse new yorkaise des valeurs technologiques, à partir du 29 mars, 2 milliards de dollars.

Avec Uber, elles partagent 5 Caractéristiques Communes.

Caractéristique Commune #1 : Elles ont un Modèle Économique identique en confiant votre vie d’un point A jusqu’à un point B, à un pseudo chauffeur de taxi, aussi indépendant qu’amateur, qui utilisera sa voiture personnelle pour vous transporter

Caractéristique Commune #2 : Elles ont une forte croissance de leur chiffre d’affaires respectif d’une année sur l’autre depuis leur date de création, 2,1 milliards de dollars en 2018 pour Lyft contre 1 milliard en 2017. 11,3 milliards de dollars pour Uber en 2018 contre 7,5 milliards en 2017

Caractéristique Commune #3 : Elles perdent toutes les deux beaucoup beaucoup d’argent, 911 millions de dollars pour Lyft et 1,8 milliard pour Uber en 2018 

Caractéristique Commune #4 : Elles ont levé énormément auprès d’investisseurs, 5,7 milliards de dollars pour Lyft et 24,2 milliards de dollars pour Uber

Caractéristique Commune #5 : Pour l’instant, elles ont chacune atteint un niveau de valorisation stratosphérique. 19,6 milliards de dollars pour Lyft comparée avec celle espérée par Uber qui serait de… 120 milliards.

Tous les investisseurs historiques à la date de leur IPO voudront nous faire partager la croyance que leur croissance dans les prochaines années aura la même caractéristique que le haricot magique de Jack… C’est à cette seule condition que les deux entreprises pourront devenir un jour bénéficiaires et ainsi justifier leur niveau vertigineux de valorisation.

Fred Wilson a écrit dans un article consacré à l’IPO de Lyft

But if Lyft can grow revenues at 60% per annum for a few more years and keep opex growth rates to 25-30% per annum, then it could get profitable by sometime in 2021.

Personnellement je doute pour 5 Raisons que ce taux de croissance du revenu de 60% par an soit durable.

Raison #1 : L’intensification d’une guerre des prix inévitable en l’absence d’une entente entre Uber et Lyft qui serait jugée illégale

Raison #2 : L’usure des voitures difficile à amortir pour les chauffeurs sans faire apparaître un revenu réel égal à zéro ou même négatif. Je partage l’avis exprimé par Jim Peterson sous le post de Fred Wilson

I always enjoy talking to the drivers and hearing about their business. One driver noted she had made 40k the previous year and really liked it versus working inside at a pharmacy. Yet she also noted she put 40,000 miles on her vehicle.

So she got cash in- but after all is said and done (vehicle depreciation, etc.), what did she make?

I think it’s a nice quick hit of cash for drivers- yet the cost hits them hard as time goes by and they are really not making much at all (and this won’t last).

Raison #3 : La difficulté à trouver suffisamment de nouveaux chauffeurs compétents et disponibles. Je reprends au même endroit, un extrait du commentaire de JamesHRH

If they spend $2B chasing the long tail of low producing drivers, they are going broke FOUR SHORE as the say in Cap Pele.

Raison #4 : La saturation du marché au moins pour les itinéraires les plus lucratifs

Raison #5 : Le mythe de la voiture sans chauffeur au minimum à court/moyen terme (3 à 7 ans).

ÀMHA, Lyft réussira son placement fin mars au NASDAQ. Ce sera plus compliqué pour Uber de vouloir reproduire cette performance surtout juste le mois d’après. En cas de baisse accélérée du cours d’introduction de Uber, la contagion pourrait s’étendre rapidement à celui de Lyft.

La valeur de chacune de ces deux start-up se retrouverait assez rapidement en-dessous de la dernière établie de manière privée entre investisseurs initiés. Cette chute jetterait le discrédit sur les valorisations privées de toutes les start-up. Des dizaines voire des centaines de milliards de dollars ou d’euros de plus-values théoriques se transformeraient en sable dans les portefeuilles des VC’s de la planète entière.

Le marché doutera ensuite de la valeur réelle de ces portefeuilles. Cette situation rendra délicats les prochains tours de table, surtout pour des start-up n’ayant pas encore trouvé les rives de la profitabilité et elles sont nombreuses… oh combien nombreuses !

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