La French Tech à l’épreuve

Les news, c’est bien.
La comm’, c’est bien.
Le vent, c’est bien.
Mais le concret, c’est pour quand ? (Commentaire publié sur la plateforme de Crowdfunding Kickstarter le mardi 7 juillet 2016 par un des 1 504 contributeurs du réveil olfactif Sensorwake)

La French Tech est un label créé par l’État français fin 2013 pour permettre à TOUTE start-up bleu blanc rouge, de bénéficier d’une visibilité accrue dans l’hexagone et à l’international. Son emblème est un coq en origami rouge, fier

J’aimerais pouvoir rajouter à ce court extrait de sa bio officielle : et qui a une propension à pousser un cocorico pas toujours en cohérence avec l’observation de la réalité économique des start-up.

Trop de cocorico tue le cocorico et finit par laisser indifférent le chaland, le contributeur, le client ou le consommateur, je vous laisse le choix de l’audience en fonction de la situation observée par vos soins.

La plupart des start-up françaises dont j’ai déjà analysé la campagne de Crowdfunding ont bénéficié et continuent de profiter, voir d’abuser de cette initiative : Sensorwake, Immersit, Giroptic, B-Sensory, Vodkaster, 10-Vins,…

L’État encourage aussi leurs créateurs à participer chaque année au CES de Las Vegas ou au SXSW d’Austin, même parfois avec un simple prototype-concept réalisé avec une imprimante 3D. Il met au service de ces jeunes prodiges, tout son savoir-faire dans l’art de la propagande, pour les exposer aux caméras et micros consentants des médias du monde entier.

Mon reproche est que la French Tech assure la promotion de toutes ces start-up sans aucun discernement affiché de leur performance individuelle ou de leurs résultats concrets obtenus dans la vraie vie.

Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, le véritable succès du créateur d’une campagne de Crowdfunding n’est matérialisé que lorsqu’il a livré toutes les contreparties promises sans retard et conformes à leur descriptif original.

Le plus important dans l’agora du Crowdfunding est la réputation du créateur, ce n’est pas le montant de dollars collectés sur une plateforme de Crowdfunding. Cette somme est un succès en trompe-l’oeil, qui est devenue une compétition relayée par la médiasphère où semble s’épanouir le coq : Cette start-up a atteint son Objectif Financier Minimum en X minutes, Y secondes, et Z millisecondes !.

Il ne devrait pas y avoir de cocorico avant que tous les contributeurs aient reçu leurs contreparties… Bien faire et le faire savoir, d’accord ! mais à la condition de ne surtout pas oublier la première partie !

La pratique de cet habillage pour embellir la réalité ou window dressing aboutit toujours par être rattrapée par… la réalité. La French Tech ne représente pas un label de qualité pour les contributeurs des campagnes de Crowdfunding. Les start-up qui ont reçu le label French Tech ne réussissent pas forcément à passer au travers de notre bullshit detector individuel.

La French Tech prend pour argent comptant les déclarations des créateurs. C’est une variante de la célèbre Méthode du Docteur Coué. Le coq présente par exemple le réveil Sensorwake comme disponible depuis novembre 2015, alors qu’au 9 juillet 2016, aucun des contributeurs de la campagne sur Kickstarter n’a encore reçu le sien…

La marque French Tech se dévalorise avec de telles pratiques quelque soit le nombre de millions d’euros dépensés pour en assurer la promotion.


Bullshit detector
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