La délégation de start-up de la French Tech au CES 2018 : future Waterloo ou Austerlitz ? épisode 18/25

My Brain Technologies est une société par actions simplifiée, basée à Paris, au capital de départ de 15 048 euros, cofondée le 5 septembre 2014 par Yohan Attal, son président, par Thibaud Dumas, son CTO jusqu’à juin 2017 (information qui peut faire peur, présente en exclusivité sur LinkedIn) et par Julien Fiszman, son CMO. Au 31 décembre 2016, son chiffre d’affaires était de 83 600 euros pour un résultat net de -252 100 euros, malgré des immobilisations incorporelles d’environ 300 000 euros.

My Brain Technologies a créé Melomind, un casque EEG ou électroencéphalographe Bluetooth qui mesure en continu votre activité cérébrale via des capteurs, afin de lutter contre votre stress, en diffusant une sonorité adaptée à son niveau, grâce à une application sur votre smartphone.

Afin de financer l’industrialisation de sa solution, My Brain Technologies a collecté 169 420 euros, auprès de 858 contributeurs, entre le 26 avril et le 10 juin 2016 sur la plateforme de Crowdfunding Kickstarter. La livraison était promise pour octobre 2016. Le prix public hors remises offertes pendant la campagne est de 399 dollars.

Nous sommes le 3 janvier 2018, 16 mois après la date prévue pour recevoir le casque et la solution anti-stress ou plutôt son absence, s’est transformée en une nouvelle source de stress chez certains de ses contributeurs, surtout que les dernières nouvelles de la start-up datent quand même de deux mois, le 2 novembre…

J’ai réuni quelques-uns de leurs commentaires parmi les plus récents :

Bonjour l’équipe, les 1eres semaines 2018 arrivent, et pourtant pas de nouvelles de votre part depuis presque un mois. Où en est la production ? a t on l’espoir de l’avoir avant fin janvier ? où faut il que je trouve une autre personne à qui l’offrir, le destinataire initial partira trop loin pour moi pour lui offrir … 2 Noel et un anniversaire de perdu grâce à vous quand même

Great you have some innovation prize at CES…but honestly…I am disappointed about your communication towards those whom made it possible to go this road.
You should honestly care more about your backers, with good or bad news… we are your shareholders and the people who will / can promote your product once delivered…

Un commentaire qui pourrait rappeler le style de certains tweets de Donald Trump 😉 :

Soooooo poooooor!!!
No Update, nothing before Christmas!!!
I can t believe this!!!
So poooooor!!!
Shame on you!!!

Je suis bien d’accord particulièrement avec les caractères en gras de ce dernier commentaire :

merci pour ces infos et bravo pour votre particpation au CES. Votre reussite sera demontrée lorsque nous aurons recu notre Melomind que l’on attend avec impatience ! Peut avoir de votre part une date credible de livraison svp? bonne continuation. (mots en gras à mon initiative)

Décidément, au fur et à mesure que j’avance dans mes speed-analysis des 25 start-up choisis sur concours par Business France, il m’apparait de plus en plus clairement qu’être exposant au CES de Las Vegas est devenu pour beaucoup de sélectionnés, une fin en soi, une sorte de consécration, un signe extérieur de réussite d’un nouveau style de vie à la française d’entrepreneurs sans stress et sans remords…

Un peu à l’image de la Rolex de Jacques Séguéla, vous vous souvenez ?

Si à 50 ans on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie !

qui pourrait ici se transformer en :

Si à 30 ans tu n’as pas fait le CES, alors tu as raté ta vie !

En préparant ce post, j’ai découvert le casque concurrent du Melomind, Muse : The Brain Sensing Headband, disponible sur stock chez Amazon aux États-Unis et qui semble faire la même chose… à presque moitié prix !

Je conclus sans stress qu’il s’agit encore d’une erreur de casting et le score s’établit à Austerlitz 4 – Waterloo 14.

Je vous donne rendez-vous demain jeudi, dans la soirée, pour ma speed-analysis de R-Pur ! Ce sera l’épisode 19/25.

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La délégation de start-up de la French Tech au CES 2018 : future Waterloo ou Austerlitz ? épisode 18/25

6 réflexions au sujet de « La délégation de start-up de la French Tech au CES 2018 : future Waterloo ou Austerlitz ? épisode 18/25 »

  1. À la lecture de tes posts sur les 25 startups françaises qui vont aux CES, je m’aperçois en gros qu’il suffit de faire un Kickstarter (et de récolter quelques dizaines de k€) pour être sélectionné au CES…. Non ?

    1. Bonjour Gabriel, Oui certainement au moins une corrélation entre une campagne de crowdfunding financée, même avec un objectif bas pour clamer son succès et sa sélection pour le CES… Dommage que le jury n’y regarde pas d’un peu plus près….

  2. Giorgio dit :

    J’aimerais bien connaitre les critères de sélection du Jury : N’est ce pas le nombre de représentants qui compte plutôt que la pertinence des projets et la pérennité de ceux ci ? Sur le nombre statistiquement une ou deux start-ups sortiront du lot et masqueront la flopée de figurants…

  3. Georgio, Il faut que tu poses la question à Olivier Ezratty, membre du jury et cité dans l’épisode 1…ou directement au nouveau président de Business France, ancien de chez Apple : Pascal Cagni.

    Si il veut aider à réaliser la déclaration de son nouveau big boss, faire de la France une Start-up Nation, il va falloir revoir le mode de sélection sérieusement et rapidement.

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