La délégation de start-up de la French Tech au CES 2018 : future Waterloo ou Austerlitz ? épisode 16/25

Mainbot est une société par actions simplifiée au capital de 1 147 euros, cofondée le 28 décembre 2016 à Palaiseau par Boris Kesler-Fasano, son président, Javier Alaves, son Chief Operations Officer et Antoine Mulin, son CTO.

Mainbot a pour projet de créer un robot, Winky, destiné aux enfants âgés entre 6 et 10-11 ans, afin de leur apprendre, finalement, les bases de la robotique. Sa maquette se présente sous la forme familière d’une sphère de 15 cm de diamètre, avec 2 pieds et 2 oreilles à usage unique d’ornement et un écran LED pour lui donner des yeux et un simulacre de vie.

Mais ne vous trompez pas, à y regarder d’un peu plus près, c’est juste un prototype non fonctionnel. Nous sommes, à mon humble avis, très éloigné d’un exemplaire prêt à être industrialisé, du moins je l’espère pour ses créateurs. Pour l’instant, il a même besoin d’une prothèse extérieure empruntée, afin de se mouvoir, comme l’illustre la seule vidéo que j’ai pu trouver sur le web, à son sujet…

Nous sommes très très loin de son descriptif élogieux contenu dans le communiqué de presse de Business France, qui n’a pas peur d’en parler comme d’une réalité. Décidément nous ne devons pas vivre dans le même monde :

MainBot a créé Winky, un robot modulaire et intelligent destiné aux enfants de 7-10 ans combinant contenus éducatifs et comportements affectifs. La morphologie de Winky en fait un objet particulièrement apprécié des plus jeunes, avec qui il peut communiquer grâce à son langage corporel dédié, ses expressions oculaires contextualisées et son métalangage émotionnel.

Avec ce genre d’écrit, la start-up me ferait plus penser à Bubble Bot, le robot souffleur de bulles réalisé d’ailleurs avec des little bits. Ses modules permettent aux enfants d’apprendre en s’amusant les bases de la robotique, aussi avec des kits prêts, à l’image de celui-ci.

Le paradoxe du rétro-apprentissage tel que proposé par Mainbot

Nous pensons aussi mettre en place un rétro-apprentissage autour des nouvelles technologies, par exemple que l’enfant puisse démonter certaine partie de Winky, façon Docteur Maboule, comprenant ainsi le fonctionnement électronique de Winky tout en étant soigneux pour ne pas lui faire de mal. (Boris – Mainbot – Extrait du forum de Céline Alvareznovembre 2016)

Je pose la question naïvement, si l’enfant apprend en démontant un robot modulable déjà construit, comment peut-on être sûr qu’il saura le remonter aussi facilement ? Je dis (encore) ça, je dis rien ! 😉

Ce commentaire lu toujours sur ce forum me laisse songeur sur le désir réel des clients de posséder un tel robot :

Je préférerai de loin un poisson rouge dans un bocal (c’est la demande du moment pour une de mes filles) qu’un Winki à seule vocation de compagnie.

La communauté Mainbot sur Facebook est de taille lilliputienne, avec 125 Like et 128 Followers seulement. Nous sommes typiquement face à des passionnés de robotique qui ont d’abord construit un robot pour se faire plaisir, et s’interrogent maintenant, un peu tardivement, sur d’éventuels usages réels…

Je pense que Mainbot a plus sa place, dans une Maker Faire qu’au prochain CES. Dans le meilleur des cas, il faudra attendre 2020 avant de voir sortir d’usine Winky, mais certainement pas 2018. Pourtant le CP de Business France souligne :

Le prototype présenté à Las Vegas doit être disponible dans l’année pour profiter pleinement de l’effet de levier du salon.

Je conclus qu’il s’agit encore d’une erreur de casting et le score s’établit à Austerlitz 4 – Waterloo 12.

Je vous donne rendez-vous, demain mardi, en fin d’après-midi, pour ma speed-analysis de Miraxess ! Ce sera l’épisode 17/25.

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