Et vous, quelle est votre doctrine en terme de piratage ? Moi perso, j’arrêterais tout simplement d’emmerder Doctrine, ce google juridique français !

Pirates ! (publicités T.V. Tipiak)

The word pirate comes from the ancient Greek word peirao, which means « to put to the test ». (phrase extraite de l’excellent livre The Pirate Organization Lessons from the Fringes of Capitalism – coauteurs : Rodolphe Durand et Jean-Philippe Vergne2012 – Harvard Business Review Press)

Le moteur de recherche spécialisé dans l’exploitation des décisions judiciaires Doctrine est édité par Forseti, société par actions simplifiée au capital de 6 682 euros, créée en 2016 et dont le siège social est à Paris. Elle a été cofondée par 3 jeunes gens pressés et extrêmement brillants, un diplômé de Normal Sup Nicolas Bustamante son président, un polytechnicien Antoine Dusseaux son directeur général et Raphael Champeimont son directeur général délégué, titulaire d’un doctorat en informatique de l’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI).

La start-up a levé en deux fois, 12 millions d’euros dont principalement auprès de Otium Capital et de Xavier Niel directement ainsi qu’au début via son fonds d’investissement personnel Kima Ventures dirigé par Jean de La Rochebrochard.

Doctrine s’est donnée pour mission de créer la base de données la plus complète pour rechercher et consulter tous les jugements de tous les tribunaux de France et de Navarre.

Sa quête d’exhaustivité l’aurait conduite à des actes de piratage de données d’après le journal Le Monde dans un article payant d’Isabelle Chaperon, publié le 28 juin 2018 et dont je trouve le titre légèrement racoleur : Piratage massif de données au tribunal

Je vous en livre ce court extrait libre d’accès :

Alors, que diable visait cette campagne – dite de « typosquattage » – auprès des greffes ? Récupérer de précieuses décisions juridiques. Car, si les jugements, avis et autres arrêts rendus par les différentes juridictions sont, en théorie, publics, cela ne signifie pas qu’ils soient accessibles.

Pour celles et ceux qui douteraient de l’indépendance éditoriale du célèbre quotidien du soir, vous noterez que Xavier Niel en est un des principaux actionnaires également !

Depuis le 30 juin, Doctrine ne communique plus ni sur son compte Twitter ni sur sa page Facebook

Mais de toute façon, je ne souhaite pas entrer dans cette polémique car elle est anecdotique par rapport aux enjeux et si il y a des actions judiciaires en cours, chose que j’ignore, alors laissons travailler la justice en toute sérénité.

Après, si certains ont besoin de savoir quels seront les éventuels jugements en faveur ou à la défaveur de Doctrine, il leur sera toujours possible de consulter sa banque de données juridiques, moyennant ses 129 euros d’abonnement mensuel, passé l’essai gratuit de 7 jours 😉.

En attendant, je vous invite à prendre ensemble un peu de hauteur.

Ce qui nous intéresse, c’est d’appréhender l’acte supposé de piratage de données, mais exclusivement dans le contexte du progrès économique démontré par les entreprises qui le pratiqueraient.

Doctrine a su en deux ans seulement bâtir un service très performant, fonctionnel, agréable à utiliser (je l’ai testé) et correspondant à de véritables besoins professionnels. Ma note kchehck attribuée ne pouvait être qu’un Ka+.

Serait-ce pêcher d’avoir obtenu par typosquattage des jugements ? Peut-être, mais je répondrais que la morale n’a pas sa place en économie.

La Doctrine Xavier Niel

L’histoire entrepreneuriale nous enseigne que le piratage est parfois un mal nécessaire pour le plus grand bénéfice du consommateur. Surtout quand le pirate s’attaque à des situations de monopole préjudiciables. Je pense que Doctrine n’a fait qu’appliquer ce que je nomme la Doctrine Xavier Niel 😉.

En 2012, Gilles Sengès, ancien rédacteur en chef des Echos, publie le livre :  Xavier Niel, l’homme free aux éditions Michel de Maule.

À partir de la page 43, l’auteur relate dans un court chapitre de 8 pages Le coup de l’annuaire inversé. Au vu de l’actualité récente de Doctrine, je trouve les informations qu’il contient particulièrement pertinentes et instructives.

En 1995, la société de Xavier Niel, Iliad, lance sur le Minitel, le service payant 3617 ANNU et sur Internet annu.com. C’est le premier annuaire inversé. La promesse est on ne peut plus simple, mais totalement novatrice pour l’époque. Vous pouvez découvrir l’identité d’une personne à partir de son numéro de téléphone.

Pour y parvenir, l’entrepreneur a littéralement siphoné à moindre coût et à l’aide de robots, le bottin téléphonique de France Telecom disponible aussi sur Minitel. Les conditions pour en faire l’acquisition légalement auprès du monopole public étaient totalement dissuasives sinon impossibles.

À l’issue d’une longue bataille en justice, les deux parties parviennent à un premier accord transactionnel en octobre 1999, qui permet à Iliad d’acquérir enfin les données en toute légalité auprès de France Telecom. Xavier Niel saura renégocier par la suite le montant de la licence à son avantage.

Cependant, comme le précise Gilles Sengès, 3617 ANNU a, en effet, profité de ce laps de temps pour imposer sa marque.

My 2 cents d’une happy end

ÀMHA, Doctrine saura suivre le même chemin. Elle négociera avec les parties prenantes pour parvenir à des accords gagnant-gagnant. Pendant ce temps-là, elle aura pris une avance dans la notoriété de son nom tout en continuant à innover.

En guise de conclusion, je cite ce tweet de Jean de La Rochebrochard, publié le 29 juin 2018 :

Soupçonné de développer un produit incroyable, serait coupable de faire le bonheur de milliers d’avocats et juristes. 🚀 😘

auquel Fabien Raynaud, lecteur fidèle du blog a répondu :

C’est très louche, effectivement… LOL 🙂

Et vous, quelle est votre doctrine en terme de piratage ?

Share

Et vous, quelle est votre doctrine en terme de piratage ? Moi perso, j’arrêterais tout simplement d’emmerder Doctrine, ce google juridique français !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *