L’agora – 1ère partie

C’est une maison bleue
Adossée à la coline
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là, ont jeté la clé
On se retrouve ensemble

Après des années de route… (San Francisco – Maxime Leforestier – 1973)

Nous sommes le vendredi 10 juin 2016 et la paire d’oreillettes de traduction simultanée The Pilot de Waverly Labs a dépassé depuis une semaine environ, le nouveau cap symbolique, du deuxième million de dollars collecté sur la plateforme Indiegogo. Il reste encore deux semaines avant la clôture de la campagne de Crowdfunding. Tous les désespoirs sont permis !

Il est fort peu probable, et c’est une expression très polie, voir un euphémisme 😉, que Andrew Ochoa, bonimenteur 2.0 soit capable de tenir ses engagements et de livrer à la date prévue, son fameux supposé traducteur universel à ses milliers de contributeurs.

J’ai voulu alerter ces moutons de Panurge au tout début de la campagne, en écrivant le 28 mai 2016, un commentaire sur la page Indiegogo du projet. Je les invitais à lire mon analyse sur cette campagne de Crowdfunding.

Mon invitation a eu le même succès chez les futurs porteurs d’oreillettes The Pilot, que celui d’un végétarien, qui s’exprimerait sur les bienfaits du steak de soja, à un congrès annuel des bouchers de vaches charolaises…

Je n’ai réussi à faire réagir qu’une seule personne qui a répondu sous le pseudonyme de BeetsBears :

Je ne lis pas le français mais en utilisant le très imparfait Google Translate, Je peux dire que c’est une très bonne analyse.

J’ai découvert un second déviant, Erick Harding qui a laissé ce commentaire :

C’EST UNE ARNAQUE, le FBI vient juste d’ouvrir une division pour les arnaques sur le web et je vais m’assurer qu’ils enquêtent sur cela.

En attendant l’intervention des unités de la Net Force, BeetsBears et Erick sont les deux seules personnes qui avec moi, ont utilisé la page dédiée aux commentaires du projet sur la plateforme de Crowdfunding, pour alerter les contributeurs actuels et potentiels. Ils n’ont visiblement pas été plus suivis, puisque les contributions ont continué à affluer depuis qu’ils ont publié leurs avis…

Les autres commentaires laissés ne remettent pas en cause l’existence prochaine ou les performances annoncées de ces oreillettes. Tous ces contributeurs veulent croire qu’elles puissent faire office d’interprète personnel(le) ! Les Foules Participatives semblent avoir été  hypnotisées par les médias de masse ou le spot publicitaire en forme de roman à l’eau de rose, sur ces oreillettes aux pouvoirs filmés d’élixir d’amour.

Personnellement  j’ai payé 10 dollars, non pas pour soutenir cette campagne, mais tout simplement afin d’avoir aussi le droit de m’exprimer. Erick et BeetsBears ont dû également verser leur obole pour participer…

Le droit d’expression ne s’acquiert que par le versement d’une taxe en forme de contribution !

Ceux qui s’expriment généralement, ne le font pas pour remettre en cause le sérieux du projet, autrement ils n’auraient pas soutenu la campagne, en se délestant de leurs précieux dollars.

Les commentaires sur les plateformes de Crowdfunding ont les mêmes caractéristiques que les avis laissés par les consommateurs sur les sites web marchands.

Le magazine de l’association à but non lucratif, de défense des consommateurs UFC- Que Choisir, dans son édition mensuelle de juin 2016, a livré les conclusions de son enquête sur ce sujet, dans un article intitulé en couverture : Avis sur Internet. Peut-on s’y fier ? Réponse : 30% des avis seraient des faux.

Cette statistique peut également s’appliquer aux commentaires laissés sur les plateformes de Crowdfunding, même si les 2 auteurs, Cyril Brosset et Isabelle Bourcier, ne le précisent pas explicitement. Les faux commentaires ont pour objectif d’influencer les contributeurs hésitants à participer par effet d’entrainement ou d’isoler les contestataires comme BeetsBear et Erick Harding, en jetant la suspicion sur leurs motivations.

Les plateformes de Crowdfunding n’ont aucun intérêt à ouvrir la discussion.

C’est ce que résume très bien Yohann dans l’extrait de son article publié le 4 juin 2016 sur son blog :

Si vous participez à un projet, Kickstarter (ou autres plateformes) empochera sa participation (que le projet aille ou pas jusqu’à la livraison) – souvent entre 10 et 20% de la somme récoltée. A ce tarif là, on se doute qu’il n’aime pas trop entendre les voies négatives. Pour cette raison, les commentaires sur Kickstarter sont fermés aux personnes qui n’ont pas déjà donné. Autant dire: merci de ne pas avertir les futurs investisseurs qu’il s’agit d’un projet “poudre aux yeux”; on veut quand même notre argent !

Ces plateformes de Crowdfunding sont des organisations marketing qui ont développé une forme originale et virulente d’agoraphobie.


Bullshit detector
L’agora – 1ère partie

2 réflexions au sujet de « L’agora – 1ère partie »

    1. Me recruter pour que je leur fasse perdre de l’argent ? 😉 Ils préfèreront toujours empocher leurs commissions en laissant faire ces bonimenteurs 2.0 au nom de la sacro-sainte neutralité de leurs plateformes…

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