Avec l’Opération Domraider, KPMG bien emmerdée avec cette levée de fonds sans actionnaires !

Je te remercie Mathieu !

Je vous présente mon 6ème post sur DomRaider qui constitue un record du nombre d’articles dédiés à une même levée de fonds sur ce blog. Quand Mathieu George, THE expert français du Crowdlending, m’a suggéré le 19 septembre 2017 de m’y intéresser, je ne savais même pas ce qu’était une ICO ! Depuis, bien de l’eau de la Dordogne a coulé sous les ponts, car le sujet d’analyses DomRaider est devenu inépuisable.

En continuant de suivre assidûment son fil d’actualité via Twitter, je suis tombé sur un article de Cécile Desjardins, daté du jeudi 16 novembre et publié dans le quotidien Les Echos, sous le titre Opération DomRaider Tokens : 560 millions de jetons vendus.

Le papier mentionne une levée de trente-cinq millions d’euros. Le prix moyen théorique d’un token cédé aurait donc été de 0,0625 euro. Pour remuer le couteau dans la plaie des spéculico’s ou spéculateurs du dimanche spécialisés dans les ICO‘s, le cours sur CoinMarketCap continue de se traîner à 0,034 euro en ce 19 novembre. 

Les dernières phrases écrites de Cécile Desjardins m’ont particulièrement interpelé.

Reste que d’un point de vue comptable, c’est beaucoup plus compliqué que ne le pensait l’entrepreneur. L’entreprise attend la position officielle de l’administration fiscale et de son commissaire aux comptes. Bilan ou hors-bilan ? La réponse pourrait être longue à arriver…

KPMG audite les comptes de l’entreprise auvergnate depuis sa création en 2013. Mais avec cette ICO, elle marche sur les braises brûlantes d’un volcan qui viendrait de se réveiller. En l’absence de règles écrites pour encadrer cette opération exceptionnelle, DomRaider avait imaginé un procédé simple sur le principe mais difficilement acceptable pour l’administration fiscale.

Quelles écritures comptables appliquer à une opération financière qui n’a encore aucune existence légale ?

Il est toujours compliqué effectivement de vouloir le beurre, l’argent du beurre et pourquoi pas, en l’absence de toute législation spécifique, une option sur la fille de la crémière, ici auvergnate.

Les 35 millions d’euros sont considérés comme du chiffre d’affaires d’après le livre blanc de l’ICO de DomRaider. Le problème est que cela ferait apparaître sur l’exercice 2017 un super bénéfice de plusieurs millions d’euros, qui serait alors taxé automatiquement à un taux normal d’impôt sur les bénéfices de 33,33%. Alors il y a forcément une astuce aussi comptable que discutable, afin de minimiser ce prélèvement dès la première année. Elle est présentée très discrètement page 86 en 2 lignes noyées entre de nombreux tableaux financiers.

Provision pour risque (risque de change / illiquidité) passée pour 80% de la vente globale

Reprises de cette provision sur les 4 années suivants la vente à raison de 25% par année

Ne doutons pas que cette provision serait scrupuleusement analysée par l’administration fiscale, avec un énorme risque de contestation de sa part, si elle devait être validée unilatéralement par KPMG. En anticipation, cette dernière aura sans doute voulu interroger Bercy avant de décider de prendre (ou de ne pas prendre) une position aussi risquée.

Je repartage les derniers mots de Cécile Desjardins :

La réponse pourrait être longue à arriver…

À suivre…

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