À quelques jours de Noël, la période des soldes d’hiver de start-up a déjà commencé avec Shazam et ce n’est qu’un tout début !

Je sais qu’une alouette ne fait pas le printemps et que la disparition d’une licorne ne fait pas plus la rigueur d’un hiver, mais je vous invite à réfléchir ensemble, cher ami lecteur, aux conséquences de l’information économique qui devrait être confirmée lundi : Shazam serait sur le point d’être rachetée par Apple, d’après un article original de Techcrunch daté du 9 décembre et repris par le site web La Tribune le même jour :

Selon Tech Crunch, Apple pourrait débourser de l’ordre de 300 millions de livres (340 millions d’euros ou 400 millions de dollars) pour s’offrir Shazam. Ce serait trois à quatre fois moins que la valorisation lors de son dernier tour de table en 2015.

J’ai appris la nouvelle par un retweet du VC Christophe Raynaud, qui a ajouté un commentaire, aussi condensé que juste, au tweet du lien vers l’article de Delphine Cuny, rédactrice en chef adjointe de La Tribune :

40% licorne 😉

Cette valorisation revue drastiquement à la baisse, démontrerait que les investisseurs les plus sérieux, commencent à revenir aux fondamentaux, même pour évaluer une start-up star occidentale : un chiffre d’affaires modeste et des pertes persistantes. Le nombre de téléchargements de l’application gratuite, supérieur à un milliard, ne se transforme plus automatiquement en centaines de millions de dollars supplémentaires de valorisation. Les temps changent…

Ce retour à une certaine forme de réalisme à partir des chiffres financiers, va toucher toutes les start-up en 2018 à mon humble avis, y compris celles qui n’ont jamais été considérées comme des licornes… Elles vont la plupart, devoir revoir à la baisse leurs prétentions, au risque de se retrouver sans financement. Ce sera pour la plus grande satisfaction des investisseurs les plus avisés, ceux qui ont toujours su appliquer cette lesson de Donald Trump, qui n’est après tout, que du bon sens :

What you should never do is pay too much, even if that means walking away

J’ai déjà eu l’occasion à deux reprises, de vous parler de Fred Wilson, la première fois car il a lui aussi rendu hommage au père de tous les VC‘s, Georges Doriot et la deuxième fois, au sujet de sa prédiction que je partage, du futur krach inévitable des bitcoins.

Évoquer aujourd’hui le thème de l’évolution inéluctable de la valorisation des start-up à la baisse, me donne l’opportunité de le citer une troisième fois.

Lors de son tweet le 1er décembre, du lien d’un article de Techcrunch du 30 novembre, intitulé There’s an implosion of early-stage VC funding, and no one’s talking about it, Fred a rajouté en préambule, ce court commentaire :

we believe 2012-16 was a bubble in early-stage funding

Ce tweet a été suivi d’un post sur son blog : The Early Stage Slump, afin de lui permettre de l’approfondir. Je vous en livre un extrait,

You could see all of this in the pricing of seed rounds. For most of my career, seed rounds were sub $1mm and they bought 15-25% of the company ($4-6mm post money). At the peak of the seed bubble, uncapped notes of $3-5mm were the norm for seed rounds. That wasn’t going to work. It was unsustainable.

pour arriver à une première conclusion un peu plus loin, à destination des fondateurs de start-up :

If you price your seed round appropriately and have a good team and plan, you can raise money. But it will be harder.

Je partage l’opinion de Fred et c’est tant mieux car nous allons revenir à des valorisations plus réalistes.

2018 sera l’année de la vérité des perspectives réelles des start-up,… avec ou sans corne. 😉

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